Sur le site d’une pizzeria, vous cliquez sur « Payer » et une fenêtre de paiement par carte s’ouvre. Un peu plus bas, une petite carte montre où se trouve la boutique. La pizzeria n’a fabriqué ni la banque ni la carte du monde. Elle les a empruntées, grâce à des API.
À quoi sert une API ?
Un site ne sait pas tout faire. Encaisser une carte bancaire en toute sécurité, dessiner une carte de la France entière, rédiger une réponse intelligente : ce sont des métiers à part. Des entreprises spécialisées le font très bien et proposent leur service aux autres sites.
Pour que deux programmes travaillent ensemble, il faut une règle commune : comment poser la question, comment recevoir la réponse. Cette règle, c’est l’API. Les trois lettres veulent dire Application Programming Interface, soit en français « interface de programmation ». Retenez seulement « le guichet ».
Sur la carte de cette rubrique, les API mènent au bloc « Les services en ligne » : ce sont les guichets ouverts vers l’extérieur.
Comment ça marche concrètement ?
Reprenons le bouton « Payer » de la pizzeria. Voici ce qui se passe :
- Vous touchez « Payer » dans votre navigateur.
- Le code PHP du site, sur son serveur, prépare une demande : « Je voudrais encaisser 18€ pour ce client. »
- Il envoie cette demande par Internet à l’API de Stripe, un service de paiement. Le trajet est protégé par le HTTPS.
- Stripe vérifie la carte avec la banque et répond : « Paiement accepté » ou « Paiement refusé ».
- Le site lit la réponse, enregistre la commande dans sa base de données et vous affiche « Merci ! ».
Cette demande s’appelle une requête. La réponse revient sous une forme rangée, faite pour être lue par un programme et non par un humain.
Des exemples de votre quotidien
- Le paiement en ligne : la boutique demande à un service comme Stripe d’encaisser la carte.
- La carte du restaurant : le site demande à Google Maps d’afficher le plan autour de son adresse.
- La météo sur une appli : l’appli interroge un service météo et affiche sa réponse avec ses propres couleurs.
- « Se connecter avec Google » : le site demande à Google de confirmer qui vous êtes, sans recevoir votre mot de passe.
- L’intelligence artificielle : un site, l’application Claude de votre iPhone ou l’assistant IA installé sur votre serveur envoient votre question, par API, aux ordinateurs d’Anthropic, l’entreprise qui fabrique Claude, et reçoivent le texte de la réponse. Claude Code, même installé chez vous, réfléchit donc là-bas.
La clé d’API : votre badge
Un guichet ne sert pas n’importe qui. Pour utiliser une API, votre site doit présenter une clé d’API : une longue suite de lettres et de chiffres, remise par le service quand vous ouvrez un compte. Elle prouve que la demande vient bien de chez vous.
Beaucoup de services sont payants à l’usage. Chaque demande faite avec votre clé peut donc vous être facturée. Une clé qui traîne en public, c’est comme un badge d’entreprise perdu dans la rue avec votre carte bancaire attachée dessus.
Les règles à suivre :
- la clé se range sur le serveur, dans un fichier à part, jamais dans une page que les visiteurs peuvent lire ;
- on ne l’envoie pas par e-mail, on ne la montre pas sur une capture d’écran ;
- si vous pensez qu’elle a fuité, vous allez dans votre espace client du service et vous en créez une nouvelle. L’ancienne cesse alors de fonctionner.
Les mots qu’on vous dira
- Appeler une API : lui envoyer une demande.
- Intégrer un service : brancher son site sur l’API de ce service.
- Documentation : le menu du restaurant, la liste de tout ce qu’on peut demander au guichet et de la façon de le demander.
- Quota : le nombre de demandes autorisées, par jour ou par mois.
Ce que vous avez à retenir
Vous n’aurez jamais à écrire vous-même une requête. Ce travail revient au code du site, ou à la personne qui le construit. Retenez seulement trois choses : une API permet à votre site d’emprunter le savoir-faire d’un autre, elle s’ouvre avec une clé, et cette clé se garde comme celle de la maison.
Le jour où l’on vous propose d’ajouter un paiement, une carte ou une IA sur votre site, vous saurez de quoi il s’agit : brancher un guichet de plus.