Vous avez préparé les pages de votre site sur votre ordinateur. Elles sont jolies, elles fonctionnent. Mais pour l’instant, vous êtes le seul à pouvoir les voir. Pour que le monde entier y ait accès, il faut les déposer sur le serveur. Pendant des années, la façon la plus courante de faire ce trajet s’appelait le FTP.
À quoi sert le FTP ?
Un site Internet est fait de fichiers : des pages en HTML, des feuilles de style en CSS, des images. Ces fichiers doivent vivre sur un serveur, l’ordinateur allumé jour et nuit qui envoie le site à chaque visiteur.
Le FTP est le chemin entre les deux. Les trois lettres veulent dire File Transfer Protocol, soit « méthode pour transférer des fichiers ». Un protocole, c’est simplement une règle commune, une façon de se parler que les deux ordinateurs connaissent.
Comment ça marche concrètement ?
Pour utiliser le FTP, on installe un logiciel sur son ordinateur. Le plus connu s’appelle FileZilla. Il est gratuit et existe pour Mac, Windows et Linux.
Votre hébergeur, l’entreprise qui loue le serveur, vous donne trois informations, qu’on appelle les identifiants FTP :
- l’adresse du serveur, son adresse IP, par exemple 198.51.100.7, ou un nom comme ftp.votresite.fr ;
- un nom d’utilisateur ;
- un mot de passe.
Vous les tapez dans FileZilla, vous cliquez sur « Connexion rapide », et l’écran se coupe en deux. À gauche, les dossiers de votre ordinateur. À droite, ceux du serveur. Pour mettre une page en ligne, vous la faites glisser de gauche à droite. C’est tout. Le serveur web la trouve aussitôt et peut l’envoyer à vos visiteurs.
FTP ou SFTP : la différence qui compte
Le FTP est ancien. Il a été inventé à une époque où l’on ne se méfiait pas beaucoup des curieux sur le réseau. Son défaut est sérieux : il envoie votre mot de passe et vos fichiers en clair. Quelqu’un qui intercepte le trajet peut tout lire, comme une carte postale.
Le SFTP règle ce problème. C’est la même idée, mais tout le trajet est chiffré, c’est-à-dire brouillé pour que seul le serveur puisse le lire. C’est l’équivalent d’une lettre dans une enveloppe scellée. Il passe par le même chemin sécurisé que celui qu’on utilise pour piloter un serveur depuis le terminal, SSH. Dans FileZilla, il suffit de choisir « SFTP » au moment de la connexion.
Vous entendrez peut-être aussi parler de FTPS. C’est une autre façon d’ajouter du chiffrement à l’ancien FTP. Si vous avez le choix, le SFTP est le plus simple et le plus répandu sur un VPS.
Les mots qu’on vous dira
- Mettre en ligne, uploader ou téléverser : envoyer un fichier de votre ordinateur vers le serveur.
- Télécharger : le chemin inverse, du serveur vers votre ordinateur.
- Client FTP : le logiciel que vous utilisez, comme FileZilla. Il est « client » parce qu’il demande, et le serveur répond.
- Racine du site : le dossier du serveur où il faut déposer les fichiers pour qu’ils apparaissent sur le site. Souvent nommé
www,public_htmlouhttpdocs.
Et aujourd’hui, a-t-on encore besoin du FTP ?
Moins qu’avant. Le FTP suppose que vous modifiez les fichiers chez vous, puis que vous les envoyez. Chaque correction demande un aller-retour.
Il existe maintenant une autre façon de travailler. Un assistant IA comme Claude Code peut être installé directement sur votre serveur. Vous lui écrivez en français, depuis votre téléphone : « ajoute nos horaires d’été sur la page d’accueil ». Il modifie le fichier sur place. Plus de déménageur : l’artisan travaille directement dans la boutique.
Le FTP reste utile pour envoyer un gros paquet de photos d’un coup, ou pour récupérer une copie de vos fichiers. Retenez surtout ceci : si vous l’utilisez, choisissez le SFTP, et ne donnez jamais vos identifiants à quelqu’un en qui vous n’avez pas toute confiance. Avec eux, on peut tout changer sur votre site.