Vos photos de famille sont sur votre iPhone. Si vous le perdez demain, les retrouverez-vous ? Si elles partent aussi dans iCloud ou Google Photos, oui. Ce double qui vit ailleurs, c’est une sauvegarde. Un site a besoin exactement de la même chose.
À quoi sert une sauvegarde ?
Un site peut être abîmé de bien des façons, et pas seulement par des pirates.
- Une mauvaise manipulation : quelqu’un efface une page ou un dossier par erreur.
- Une modification ratée : une mise à jour qui casse l’affichage, un changement qui ne marche pas comme prévu.
- Une panne : un disque du serveur qui lâche, un problème chez l’hébergeur.
- Une attaque : un intrus qui abîme le site ou y dépose des choses indésirables.
Dans tous ces cas, la sauvegarde permet de revenir en arrière. On appelle cela restaurer : on remet en place la copie de la veille, et le site retrouve l’état où il était.
Que faut-il copier ?
Un site est fait de deux parties, rangées à deux endroits différents. Une bonne sauvegarde copie les deux.
- Les fichiers du site : les pages, les images, les couleurs, le code PHP. C’est le décor et la mécanique.
- La base de données : les comptes des clients, les commandes, les articles, les messages. C’est la mémoire du site.
Oublier la base de données est l’erreur la plus fréquente. On croit avoir tout copié, on restaure, et les commandes du mois ont disparu.
Où ranger la copie ?
Ailleurs. C’est la règle d’or. Une copie posée sur le même serveur que le site vous protège d’une erreur de manipulation, mais pas d’une panne de la machine. Si le serveur ne répond plus, la copie ne répond plus non plus.
Les professionnels parlent souvent de la règle 3-2-1 : trois exemplaires des données, sur deux supports différents, dont un dans un autre lieu. Pour un petit site, retenez au moins ceci : une copie hors du serveur, idéalement dans un autre data center.
Comment ça se passe concrètement ?
Personne ne fait cela à la main tous les soirs. On programme le serveur une fois pour toutes. Chaque nuit, à heure fixe, quand le site est calme, un petit programme se réveille :
- il fait une copie complète de la base de données dans un fichier ;
- il rassemble les fichiers du site ;
- il envoie le tout vers un espace de stockage situé ailleurs ;
- il efface les copies trop anciennes pour ne pas encombrer cet espace.
On garde en général plusieurs jours, voire plusieurs semaines de copies. Pourquoi pas seulement la dernière ? Parce qu’on ne s’aperçoit pas toujours d’un problème le jour même. Si une page a été abîmée lundi et que vous le voyez jeudi, la copie de mercredi est déjà abîmée. Celle de dimanche, non.
Les mots qu’on vous dira
- Backup : le mot anglais pour sauvegarde.
- Restaurer : remettre une sauvegarde en place.
- Snapshot : une photographie instantanée de tout le serveur, proposée par certains hébergeurs comme OVH. Pratique avant une grosse modification.
- Rétention : combien de temps on garde les anciennes copies.
- Sauvegarde automatique : programmée pour se lancer toute seule, sans que personne n’y pense.
Ce que vous avez à retenir
Une sauvegarde qu’on n’a jamais essayé de restaurer est une promesse, pas une certitude. De temps en temps, il faut vérifier qu’une copie se remet bien en place.
Prenez aussi l’habitude de demander une sauvegarde juste avant toute grosse modification. C’est vrai quand un prestataire travaille sur votre site. C’est vrai aussi quand vous demandez des changements à un assistant IA : s’il se trompe, on revient à la version d’avant en quelques minutes, et l’incident devient une anecdote.
Trois questions suffisent pour savoir si votre site est protégé : « À quelle fréquence ? Est-ce que la base de données est incluse ? Où est rangée la copie ? »