Dans les films, le pirate informatique tape à toute vitesse sur un écran noir couvert de lignes vertes. Cet écran existe vraiment, il est déjà sur votre ordinateur, et il s’appelle le terminal. Rassurez-vous : on peut s’en servir sans capuche et sans taper vite.
À quoi sert le terminal ?
D’habitude, vous parlez à votre ordinateur avec la souris. Vous cliquez sur un dossier, vous faites glisser un fichier, vous touchez une icône. Le terminal fait la même chose, mais avec des mots. Vous écrivez une ligne, vous appuyez sur la touche Entrée, et l’ordinateur obéit. Cette ligne s’appelle une commande.
Pourquoi écrire quand on peut cliquer ? Parce qu’un serveur, l’ordinateur qui garde votre site dans un data center, n’a ni écran ni souris. Personne ne s’assoit devant. Pour lui parler, on passe par le terminal, depuis chez soi. C’est la porte d’entrée de la plupart de ceux qui s’occupent de sites Internet.
Où le trouver sur votre ordinateur ?
- Sur un Mac : l’application s’appelle tout simplement « Terminal ». Elle est rangée dans Applications, puis Utilitaires.
- Sur Windows : selon les versions, elle s’appelle « Terminal », « PowerShell » ou « Invite de commandes ». Tapez l’un de ces mots dans la recherche du menu Démarrer.
- Sur un ordinateur sous Linux : le terminal est partout, c’est un outil de tous les jours.
Sur l’iPhone, il n’y a pas de terminal livré d’origine. Mais des applications permettent d’en ouvrir un, et l’application Claude permet de parler à Claude Code installé sur votre serveur, sans ouvrir de terminal.
Comment ça marche concrètement ?
Quand vous ouvrez le terminal, il affiche une petite ligne qui se termine souvent par le signe $ et un curseur qui clignote. Il attend votre ordre. Quelques exemples de commandes :
ls: « montre-moi ce qu’il y a dans ce dossier ».cd photos: « entre dans le dossier photos ».pwd: « dis-moi dans quel dossier je suis ».
Les commandes sont en anglais abrégé, ce qui n’aide pas. Mais vous voyez l’idée : chaque mot est un ordre précis, et l’ordinateur répond juste en dessous, en texte.
Piloter un serveur à distance : le SSH
Le mot que vous entendrez le plus avec « terminal », c’est SSH. C’est la façon de relier votre terminal à un serveur lointain, par Internet, de manière chiffrée, c’est-à-dire illisible pour quelqu’un qui espionnerait le trajet. On tape par exemple :
ssh ubuntu@203.0.113.42
Traduction : « connecte-moi au serveur dont l’adresse IP est 203.0.113.42, sous le nom ubuntu ». Le serveur vérifie que vous avez la bonne clé, un peu comme une serrure vérifie la clé de la maison. Une fois entré, chaque commande que vous tapez s’exécute là-bas, sur le serveur, et plus sur votre ordinateur.
Par ce chemin, on peut aussi envoyer les fichiers du site. Il existe pour cela des logiciels avec des boutons, qui utilisent le FTP ou sa version chiffrée, le SFTP.
Le terminal et l’assistant IA
Rassurez-vous. Aujourd’hui, vous n’avez plus besoin d’apprendre les commandes. Claude Code, l’assistant IA, s’utilise dans un terminal. On tape claude, on appuie sur Entrée, et ensuite on lui écrit en français : « change la couleur du titre en bleu », « ajoute ma nouvelle adresse dans la page contact ». C’est lui qui tape les vraies commandes, à votre place, et il vous montre ce qu’il fait.
Le terminal devient alors une simple fenêtre de discussion. Une fenêtre un peu austère, d’accord, mais qui vous obéit.
Ce que vous avez à retenir
Vous n’avez pas besoin de tout connaître. Personne ne connaît toutes les commandes, pas même les développeurs, qui cherchent souvent la bonne formule. Retenez trois choses :
- Le terminal est une fenêtre pour donner des ordres écrits à un ordinateur, le vôtre ou un petit serveur loué chez un hébergeur (un VPS).
- Il obéit sans discuter. Ne collez donc jamais une commande trouvée au hasard sur Internet sans savoir ce qu’elle fait.
- Avec un assistant IA, vous pouvez vous contenter d’écrire en français. Le terminal n’est plus qu’un endroit où taper votre message.
La première fois, l’écran noir impressionne. La deuxième fois, beaucoup moins. À la troisième, vous oublierez qu’il vous faisait peur.