Vous souvenez-vous de l’annuaire papier, posé à côté du téléphone ? On cherchait un nom, on trouvait un numéro. Sur Internet, il existe exactement la même chose, en version géante et automatique. Ça s’appelle le DNS, et vous vous en servez des dizaines de fois par jour sans le savoir.
À quoi sert le DNS ?
Chaque site Internet vit sur un ordinateur allumé en permanence, qu’on appelle un serveur. Pour le joindre, il faut son numéro, son adresse IP. Elle ressemble à ceci : 203.0.113.42.
Les humains, eux, retiennent des noms. On tape francescosun.com, pas une suite de chiffres. Le nom de domaine est fait pour nous. L’adresse IP est faite pour les machines. Le DNS est le traducteur entre les deux.
Les trois lettres veulent dire Domain Name System, soit en français « système des noms de domaine ». Vous n’avez pas besoin de le retenir. Retenez seulement « l’annuaire ».
Comment ça marche concrètement ?
Prenons votre iPhone. Vous ouvrez Safari et vous tapez francescosun.com. Voici ce qui se passe :
- Votre téléphone passe par votre box internet et pose la question : « Quelle est l’adresse de francescosun.com ? »
- La demande arrive à un serveur DNS. Souvent, c’est celui de votre opérateur, comme Orange, Free, SFR ou Bouygues.
- S’il ne connaît pas la réponse, il demande à d’autres annuaires, jusqu’à trouver celui qui fait autorité pour ce nom.
- La réponse revient : une adresse IP.
- Votre navigateur va alors chercher la page sur le serveur qui porte ce numéro.
Pour aller plus vite la fois suivante, les réponses sont gardées en mémoire un moment. C’est pour ça que les changements ne sont pas instantanés partout.
« Faire pointer son domaine », ça veut dire quoi ?
C’est l’expression que vous entendrez le plus. Faire pointer son domaine, c’est écrire dans l’annuaire : « Mon nom mène à tel serveur ». Concrètement, vous allez dans l’espace client de l’entreprise qui vous loue le nom, par exemple OVH, et vous remplissez une ligne avec l’adresse IP de votre serveur.
Si un jour vous changez d’hébergeur, vous ne changez pas de nom. Vous changez juste cette ligne. Vos visiteurs ne voient aucune différence : ils tapent toujours le même nom.
Les mots qu’on vous dira
- Zone DNS : la fiche de votre nom de domaine dans l’annuaire. Elle contient plusieurs lignes, chacune avec un rôle précis.
- Enregistrement A : la ligne qui dit vers quelle adresse IP mène votre site. C’est elle qu’on modifie pour « faire pointer ».
- Enregistrement MX : la ligne qui dit où livrer vos e-mails. C’est grâce à elle que vous pouvez recevoir du courrier sur une adresse e-mail pro comme contact@votresite.fr.
- CNAME : une ligne qui dit « ce nom est un autre nom pour celui-là », comme un renvoi dans l’annuaire. On s’en sert par exemple pour le www.
- Propagation : le temps que la nouvelle information se répande partout. Cela va de quelques minutes à quelques heures.
Un exemple réel
Vous venez de louer votresite.fr et vous avez un serveur dont l’adresse est 198.51.100.7. Dans votre zone DNS, vous écrivez un enregistrement A : votresite.fr mène à 198.51.100.7. Vous ajoutez un enregistrement MX vers le service qui gère vos e-mails. Une heure plus tard, votre site s’ouvre quand on tape votre nom, et vos premiers messages arrivent.
Si le site ne s’affiche pas tout de suite, ne paniquez pas. C’est presque toujours la propagation. Le lendemain matin, en général, tout est en place.
Ce que vous avez à retenir
Vous n’aurez pas souvent à toucher au DNS. En général, on le règle une fois, au moment de créer le site, puis on n’y pense plus. Mais c’est un endroit sensible : une ligne effacée par erreur, et le site ou les e-mails s’arrêtent. Avant de modifier quoi que ce soit, notez ce qui était écrit. Et si une personne de confiance s’en occupe pour vous, demandez-lui ce qu’elle a changé.
Retenez la chaîne : le nom de domaine entre dans l’annuaire, le DNS donne l’adresse IP, et l’adresse mène au serveur. Trois pièces, un seul trajet.